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Carte de titre en dégradé portant le texte: Les sept types de revue.

Revues

Une revue est l'évaluation du contenu d'un produit de travail par une ou plusieurs personnes autres que son auteur ou à ses côtés, pour en retirer des défauts, confirmer qu'il est complet et exact, établir un consensus, trancher une question ou familiariser les relecteurs avec le contenu. Elle porte toujours sur le produit, jamais sur les compétences ou les actes des personnes. Le BABOK décrit chaque revue par trois dimensions, l'objectif poursuivi, les participants réunis et la technique employée, et réunit sous ce nom sept types qui répondent à des combinaisons différentes de ces trois réglages. Les sept types partagent un même socle, et le bon type se lit une fois les trois dimensions fixées.

Objectif

Une revue sert à savoir si un produit de travail tient avant que d'autres s'appuient dessus. Elle met devant le contenu un ou plusieurs regards qui ne sont pas celui de l'auteur, et l'écart entre ce que l'auteur a voulu écrire et ce qui est effectivement écrit est un défaut. Le BABOK pose la borne d'emblée: la revue évalue le contenu du produit de travail et non les compétences ou les actions des participants (§10.37.2). Cette borne est la condition qui fait qu'une équipe accepte de soumettre son travail: une revue qui glisse vers l'évaluation des personnes tarit sa propre matière.

Le produit revu peut être un paquet complet, un livrable, une partie de livrable ou un travail encore en cours, et son état oriente déjà l'intention. Sur un produit achevé, l'intention est le plus souvent d'en retirer les défauts ou d'informer les relecteurs; sur un travail en cours, elle est de résoudre une question ou de trancher un point. Le business analyst est toujours partie prenante d'une revue, comme auteur d'un livrable soumis ou comme relecteur d'un livrable d'autrui.

Ce que la famille laisse derrière elle est un produit revu et une trace des constats, plus ou moins formelle selon le type retenu. La valeur d'une revue tient à ce que la trace permet ensuite: rouvrir un point, prouver qu'une lecture a eu lieu, suivre une correction jusqu'à sa vérification.

Une méthode de gestion de projet peut rendre cette trace obligatoire. HERMES, la méthode de la Confédération, distingue la vérification, qui porte sur le contenu et la forme des documents et sur le respect des processus convenus, des tests, qui portent sur le système en service; sa tâche 5.4.3.38 Conduire l'assurance de la qualité ne couvre que la vérification. Elle cite « les consultations, les revues et les audits » comme procédures possibles sans en imposer aucune. Le plan de contrôle (Prüfplan), chapitre du Plan de gestion du projet, nomme à l'avance les résultats à vérifier, leurs procédures de vérification et le rôle qui les exécute, selon que le projet suit l'approche classique ou agile. Les constats et la décision sur l'état du résultat sont consignés dans le résultat 4.4.1.40 Procès-verbal de vérification.

Usage

Quand l'utiliser

  • Produit de travail dont d'autres livrables vont dépendre: exigences, spécification, architecture, modèle qui servira de base au reste.
  • Défauts à retirer tôt: un défaut trouvé à la lecture coûte bien moins que le même défaut trouvé en production.
  • Consensus ou compréhension partagée à établir: plusieurs parties doivent s'accorder sur un livrable avant qu'il avance.
  • Conformité à une norme ou une spécification à démontrer: une porte qualité exige une lecture documentée.
  • Question ouverte ou point technique à trancher: un travail en cours bute sur un choix qu'une lecture ciblée peut débloquer.
  • Montée en compétence d'une équipe: faire lire un produit par des pairs les rend familiers du contenu qu'ils devront maintenir.

Quand ne pas l'utiliser

  • Décision à prendre entre des options déjà connues: une revue évalue un contenu, elle ne choisit pas; passer à l'analyse décisionnelle.
  • Comportement exécutable à éprouver: une revue lit un produit statique et n'exécute rien; recourir aux techniques de test et à la conception de cas de test.
  • Défaut déjà connu et localisé: il n'y a plus rien à découvrir, seulement à corriger et à vérifier; ouvrir directement la reprise et porter le point au suivi des items.

Les trois dimensions d'une revue

Le BABOK présente les sept types comme le produit de trois choix (§10.37.2). Chaque dimension se règle indépendamment des deux autres, et c'est leur combinaison qui nomme le type.

L'objectif

L'objectif est annoncé avant la revue et communiqué à tous les participants (§10.37.3.1). Le BABOK en nomme sept possibles: retirer des défauts, vérifier la conformité à une spécification ou à une norme, établir que le produit est complet et exact, établir un consensus sur une approche ou une solution, répondre à une question ou explorer des variantes, familiariser les relecteurs avec le produit, mesurer sa qualité. L'objectif dominant pèse le plus lourd dans le choix du type: mesurer la qualité d'un composant critique n'appelle pas la même revue qu'un retour rapide sur un brouillon.

Les participants

Quatre rôles sont disponibles (tableau 10.37.1). L'auteur répond aux questions, écoute et incorpore les changements après la revue. Le relecteur, pair ou partie prenante, examine le produit contre les objectifs annoncés; dans une revue de détection de défauts, il l'examine avant la séance et tient la liste de ses constats. L'animateur, participant neutre, conduit la séance, la maintient sur son objectif et vérifie que les relecteurs se sont préparés; le BABOK précise qu'il ne devrait pas être l'auteur, sous peine de compromettre la revue. Le scribe, participant neutre lui aussi, consigne défauts, commentaires, points et questions ouvertes. Le nombre de relecteurs est le réglage décisif de cette dimension: un seul, et l'on est du côté du desk check et de la revue ad hoc; une équipe, et l'on est du côté de l'inspection, de la revue formelle et de la revue en circulation. L'animateur et le scribe n'interviennent pas dans tous les types. L'animateur conduit les revues les plus formelles, l'inspection et la revue formelle, et peut prêter main-forte à la revue technique. Le scribe consigne dans l'inspection, dans la revue formelle et dans la revue informelle.

La technique et la formalité

Le BABOK range les sept types du plus formel au plus informel et qualifie les trois premiers de techniques formelles, les quatre suivants de techniques informelles (§10.37.3.2). Deux questions binaires règlent cette dimension. La séance est-elle planifiée, avec des rôles attribués? Les relecteurs examinent-ils le produit chacun de leur côté avant d'en parler? Deux oui placent la revue dans les types formels, coûteux et rigoureux; deux non la placent dans les types informels, légers et rapides. C'est aussi le long de cette dimension que l'assurance et le coût montent ensemble.

Des trois réglages au type

Une fois les trois dimensions réglées, le type de revue est presque déterminé. Mesurer la qualité d'une spécification achevée, avec une équipe disponible et une séance planifiée: c'est une inspection. Établir un consensus et former, avec des pairs et des parties prenantes en séance: une revue formelle. Trancher un point unique ou une conformité à une norme, avec quelques experts du sujet: une revue technique. Récolter des retours rapides sur un brouillon, avec des pairs qui ont peu préparé: une revue informelle. Un seul relecteur extérieur, à sa convenance: un desk check. Plusieurs relecteurs, chacun de son côté, sans réunion: une revue en circulation. L'aide ponctuelle d'un pair sur un travail en cours: une revue ad hoc.

Formel
Informel
Inspection
Revue formelle
Revue technique
Revue informelle
Desk check
Revue en circulation
Revue ad hoc
BABOK §10.37.3.2
Les sept types de revue du BABOK, rangés du plus formel au plus informel (§10.37.3.2). La rigueur et le coût montent avec la formalité; l'assurance obtenue aussi. Le choix descend l'échelle jusqu'au premier type qui fait le travail.
Type de revueObjectif dominantParticipantsFormalité
InspectionRetirer les défauts et mesurer la qualité d'un produit critique.Une équipe de pairs formés, animateur et scribe.Formelle, séance planifiée, lecture individuelle préalable.
Revue formelleÉtablir un consensus et former, en retirant des défauts.Pairs et parties prenantes, animateur et scribe.Formelle, moins rigoureuse que l'inspection.
Revue techniqueTrancher un point unique ou une conformité à une norme.Quelques experts du point visé.Formelle, séance ciblée sur la question en jeu.
Revue informelleRécolter des retours rapides et familiariser.Quelques pairs, préparation minimale.Informelle, séance légère, l'auteur déroule.
Desk checkObtenir l'avis d'un regard extérieur.Un seul relecteur, extérieur à la fabrication.Informelle, sans séance, à sa convenance.
Revue en circulationRécolter les retours de plusieurs, à moindre coût.Plusieurs relecteurs, chacun de son côté.Informelle, sans séance, copie commune ou passée.
Revue ad hocObtenir l'aide ponctuelle d'un pair.Un pair sollicité.Informelle, sans séance, sur un travail en cours.
Les trois colonnes de droite sont les trois dimensions. Un type de revue est un profil sur les trois; inversement, trois réglages donnés désignent le type qui leur correspond.

Les trois dimensions ne sont pas tout à fait libres l'une de l'autre, et c'est ce qui rend la décision praticable. Mesurer la qualité d'un produit suppose de compter, donc une technique formelle et une équipe: cet objectif tire les deux autres dimensions vers l'extrémité formelle de la famille. À l'inverse, un seul relecteur ne peut pas établir un consensus, si bien que le desk check et la revue ad hoc servent les objectifs de retour et d'aide. Une trouvaille qui doit survivre à la revue, quel que soit le type, quitte la technique et entre au suivi des items, où elle reçoit un responsable, une échéance et un état.

Forces et limites de la famille

Les forces valent pour toute la famille (§10.37.4.1). Les revues attrapent les défauts tôt dans le cycle de vie du produit, là où ils coûtent le moins à retirer. Elles rendent les relecteurs engagés dans le résultat: qui a lu un produit se sent partie prenante de sa qualité. Et les types informels à un ou plusieurs relecteurs asynchrones se plient à l'emploi du temps du relecteur, sans réunion à convoquer.

Les limites suivent les mêmes dimensions. Une revue formelle réglée haut sur les trois axes coûte du temps et de l'effort, si bien que seuls les produits les plus critiques la justifient. Une revue réglée bas, à un ou deux relecteurs, est bon marché mais donne moins d'assurance que tous les défauts importants ont été retirés. Sur un desk check ou une revue en circulation, il est difficile pour l'auteur de vérifier qu'une lecture indépendante a réellement eu lieu. Et les retours échangés par courriel produisent beaucoup de messages difficiles à réconcilier. Régler les trois dimensions, c'est aussi choisir laquelle de ces limites on accepte.

Considérations IA

L'aide porte sur la matière du produit revu. Un modèle relit un produit contre une liste de contrôle et signale les manques mécaniques, exigence sans critère d'acceptation, terme employé avant d'être défini, référence qui ne résout pas: un premier passage qui allège la dimension technique des types formels. Il regroupe et met en forme les retours dispersés d'une revue en circulation, ce qui traite directement la limite des fils de courriel. Il rédige un compte rendu à partir des notes du scribe.

La limite tombe sur le réglage des trois dimensions, qui est un jugement. Fixer l'objectif suppose de savoir ce que le produit engage et quelle preuve l'organisation devra montrer; fixer les participants suppose de connaître leur disponibilité et leur expertise; fixer la formalité suppose d'arbitrer entre l'assurance visée et le temps disponible. Un modèle ne connaît aucun de ces trois éléments. Les objectifs de consensus et de formation passent en outre par une conversation entre personnes qu'aucun résumé automatique ne remplace, et un constat produit par un modèle est plausible par construction, donc il entre dans la revue au rang d'hypothèse qu'un relecteur confirme ou écarte. Les produits revus étant souvent sensibles, exigences internes, données de clients, leur passage dans un outil externe suppose la base légale et l'habilitation qu'impose la protection des données.

Sources

Revue technique
Toutes les techniques
Simulation