Glossaire
Un glossaire (BABOK 10.23) est la liste tenue à jour des termes d'un domaine métier, chacun accompagné de la définition sur laquelle l'organisation s'est accordée et des synonymes sous lesquels il circule réellement. Sa difficulté tient à un fait que le mot « liste » masque: un terme et un concept sont deux choses distinctes, et la correspondance entre eux est de plusieurs à plusieurs. Plusieurs mots peuvent désigner un même concept, et un même mot peut en désigner plusieurs. Le glossaire est l'artefact qui ramène cette correspondance à un pour un dans le périmètre considéré, en élisant un terme préféré par concept et en scindant les termes qui en recouvrent deux. C'est la plus économique des trois techniques du vocabulaire et le point d'entrée des deux autres, le modèle de concepts et le dictionnaire de données. Sa valeur est entièrement suspendue à son entretien: un glossaire périmé continue d'être consulté et cru.
Objectif
Le glossaire fixe, pour chaque terme d'un domaine métier, la définition convenue, afin que deux services cessent d'employer un même mot pour deux choses ou deux mots pour une seule. Rien, dans les artefacts qu'ils échangent, ne signale la collision: l'exigence est écrite, revue, approuvée et construite, puis la divergence remonte à la recette ou en production, sous la forme d'un chiffre qui ne se réconcilie pas ou d'une règle qui se déclenche sur la mauvaise population. Chez un assureur maladie, le service commercial dit « assuré » en pensant à la personne qui conclut le contrat et paie la prime, le service des prestations dit « assuré » en pensant à la personne dont le risque est couvert. Les deux tableaux de bord comptent une population différente, tous deux sont exacts, et leur écart passe pour une erreur de calcul pendant des mois.
Le glossaire attaque cela, en rendant le vocabulaire d'un domaine décidable: la définition de chaque terme est datée, portée par un propriétaire nommé et atteignable depuis l'endroit où le terme est employé. Le BABOK en donne la raison en une phrase: un terme peut avoir une signification différente pour deux personnes, et une liste de termes et de définitions établies fournit le langage commun dans lequel les idées s'échangent. HERMES, la méthode de gestion de projet de la Confédération, dit la même chose pour une administration: sa terminologie assure un langage et une compréhension communs entre l'organisation permanente et l'organisation de projet, entre le projet et le programme, entre la gestion de projet, la gestion d'application et la gestion de portefeuille.
La décision que le glossaire soutient est celle d'écrire quoi que ce soit dans les mots du domaine: une exigence, une règle métier, un contrat d'interface, la définition d'un indicateur, une communication au régulateur. Chacun de ces artefacts rejoue silencieusement l'arbitrage du vocabulaire quand le glossaire n'existe pas, et chacun l'arbitre différemment. Le troisième bénéfice que le BABOK lui attribue est celui qui porte la technique: le glossaire simplifie la rédaction et la maintenance de toute l'information d'analyse d'affaires produite au-dessus de lui. Il est rarement lu pour lui-même, il est le substrat sur lequel les autres artefacts tiennent.
Le livrable est le jeu d'entrées: un terme préféré par concept, sa définition, ses synonymes non préférés, son étiquette dans chaque langue en usage, son propriétaire, son statut, la date de sa dernière revue et sa source d'autorité. S'y ajoutent les entrées de termes rejetés, celles qui consignent les étiquettes en collision, scindées, et qui renvoient le lecteur vers les termes désambiguïsés. Ce sont les entrées à plus haute valeur du glossaire et celles que la plupart des glossaires omettent. Le glossaire publié par HERMES applique cette étiquette par langue à une méthode entière: ses tables portent chaque phase, scénario, module, résultat, tâche et rôle en allemand, en français, en italien et en anglais, avec le numéro de l'élément de méthode.
Usage
Quand l'utiliser
- Début d'initiative: le BABOK situe la création du glossaire aux premières étapes du projet, là où elle facilite encore le transfert de connaissance.
- Terme employé différemment par deux services: la collision reste invisible dans les artefacts qu'ils échangent.
- Indicateur consolidé contesté: deux chiffres divergent parce que deux services comptent deux populations.
- Domaine réglementé: le terme a une définition légale, et l'entrée porte la référence à l'article.
- Organisation bilingue ou trilingue: chaque concept doit porter l'étiquette réellement employée dans chaque langue.
- Corpus d'exigences volumineux: le vocabulaire dépasse ce qu'un relecteur retient, et la cohérence terminologique se vérifie contre une liste.
- Reprise d'un domaine hérité: le vocabulaire du système en place a supplanté celui du métier.
- Amont d'un modèle de concepts ou d'un dictionnaire de données: les deux consomment un vocabulaire déjà arrêté.
- Arrivée de nouveaux venus dans le domaine: intégration d'un collaborateur, d'un prestataire, d'une équipe externe.
Quand ne pas l'utiliser
- Glossaire métier déjà porté par un catalogue de données: gouverner et enrichir l'outil en place, jamais ouvrir un glossaire parallèle.
- Ambiguïté portant sur le format ou les valeurs admises d'un champ: c'est le dictionnaire de données (BABOK 10.12).
Description
Le critère d'admission: la discipline du refus
Le BABOK donne quatre critères d'inclusion, et un terme entre au glossaire dès que l'un d'eux est satisfait: le terme est propre au domaine, il porte plusieurs définitions, la définition qu'on lui donne s'écarte de son sens courant ou il existe un risque raisonnable de malentendu. Ces quatre critères sont un filtre, et leur fonction réelle est l'exclusion. L'échec le plus courant d'un glossaire est le glossaire à quatre cents entrées qui définit des mots que tout le monde connaît et dans lequel les huit entrées qui portent le sens du domaine sont enterrées et donc jamais lues. Le terme manquant se remarque et se corrige; l'entrée superflue se lit, fatigue et fait fermer le document. Le critère d'admission se publie avant la récolte, parce que la discipline qui rend un glossaire lisible est la discipline du refus.
Le BABOK ajoute quatre règles de développement, et la quatrième est celle que la pratique escamote. Les définitions sont claires, concises et brèves. Les acronymes employés dans une définition sont développés. Les parties prenantes accèdent au glossaire facilement et de manière fiable. L'édition du glossaire est restreinte à des parties prenantes déterminées. Une page de wiki ouverte à tous dérive: le contenu d'un glossaire est décidé, et un artefact décidé possède une porte. Le BABOK recommande encore que le glossaire soit créé tôt dans l'initiative, et il décrit la désignation d'un point de contact responsable de son entretien et de sa diffusion.
L'entrée: ce que porte une ligne de glossaire
Le BABOK nomme trois champs: le terme, sa définition, ses synonymes courants. La pratique en ajoute quatre, et chacun se défend par une norme ou par une limite que le BABOK énonce lui-même.
- Terme préféré: l'étiquette élue, une seule par concept et par langue. La norme ISO 25964-1 la nomme preferred term, le vocabulaire SKOS du W3C l'appelle
skos:prefLabel. C'est le mot que les artefacts de l'initiative emploient désormais. - Définition: l'énoncé qui délimite le concept. Sa forme obéit à l'ISO 704 et à l'ISO/IEC 11179-4.
- Synonymes non préférés: les mots que les gens disent réellement, enregistrés comme entrées d'accès qui renvoient au terme préféré (
skos:altLabel, la relation USE / UF de l'ISO 25964-1). Rien n'est supprimé: un synonyme effacé du glossaire continue de circuler dans l'organisation, désormais sans point d'entrée. - Étiquette par langue: dans une organisation suisse, un concept porte une étiquette française, une allemande et souvent une italienne. Chacune est un terme à part entière, élu dans sa langue. Le rapport entre elles est l'équivalence, une relation inter-langue que la terminologie sépare de la synonymie.
- Propriétaire: la personne qui a autorité pour dire ce que le terme signifie et qui arbitre les contestations. Le BABOK place l'absence de propriétaire en tête de ses limites, et un terme sans propriétaire est un terme qui ne sera ni mis à jour ni arbitré.
- Statut et date de dernière revue: proposé, approuvé ou déprécié. Le statut dit au lecteur quel crédit accorder à l'entrée, et la date rend la péremption visible.
- Source d'autorité: la référence légale, la norme ou la décision qui fixe la définition. Une définition adossée à un article de loi ne se rediscute pas. Une définition sans source se rediscutera au premier désaccord, puis à chaque désaccord suivant. La référence est celle de la norme qui fixe, non celle de la page qui publie: le montant de la franchise est fixé par l'OAMal art. 103, et l'office fédéral qui le diffuse n'est pas sa source d'autorité.
Deux champs facultatifs se justifient dès que le domaine a de la profondeur: les termes apparentés (skos:related) et le couple générique / spécifique (skos:broader / skos:narrower), quand une hiérarchie existe réellement entre les concepts.
Les relations à résoudre
Un glossaire se construit en résolvant les relations entre les termes candidats. C'est ici que se joue la difficulté de la technique, et c'est la partie qu'un lecteur ne trouvera pas dans le BABOK. Le modèle sous-jacent est celui de l'ISO 1087: un concept est une unité de connaissance abstraite des objets du monde, une désignation est un signe qui le représente et une définition est l'énoncé qui le délimite. Terme et concept sont donc deux choses de nature différente.
La synonymie est le cas de plusieurs termes pour un seul concept à l'intérieur d'une même langue. La restriction à une langue est constitutive, et c'est ainsi que l'ISO 1087 définit le mot. La synonymie se résout par élection: un terme préféré, les autres consignés comme synonymes non préférés qui pointent vers lui. Aucun n'est perdu, et le vocabulaire réel de l'organisation reste une porte d'entrée vers le vocabulaire décidé.
L'équivalence est la relation entre les étiquettes d'un même concept d'une langue à l'autre, et c'est une relation distincte de la synonymie. L'ISO 704 ne les confond pas: sa clause 7.7, « Relations between designations and concepts », donne à la synonymie sa propre sous-clause (7.7.2) et à l'équivalence la sienne (7.7.3). La distinction est l'essentiel de ce que le multilinguisme fait à un glossaire suisse. L'étiquette allemande d'un concept est un terme de plein droit, élu dans sa langue à partir de l'usage réel de cette langue. La colonne allemande du glossaire est le lieu où cette différence se voit, dans les deux sens: elle porte des mots allemands quand l'allemand en a et le mot français lui-même là où la Suisse alémanique emploie le mot français.
La collision est le cas inverse de la synonymie: un seul terme pour plusieurs concepts. La terminologie en distingue deux espèces, et l'ISO 1087 les définit. L'homonymie relie des formes identiques dont les concepts sont sans rapport, de sens et d'origine différents: l'avocat du barreau et celui qu'on mange. La polysémie relie une désignation à plusieurs concepts dont les sens sont apparentés, issus d'une même racine qui a divergé. L'ISO 704, elle, les traite dans une clause unique (7.7.5, « Polysemy and homonymy »), et ce regroupement dit déjà ce qui compte pour un glossaire: la résolution est la même dans les deux cas.
Dans un domaine métier, le cas dominant est la polysémie. « Assuré » désigne le preneur d'assurance et la personne assurée: deux sens du même mot, dans le même domaine, issus de la même racine. « Caisse » désigne la caisse maladie, la caisse de pension et la caisse de compensation: trois institutions, un seul sens de base décliné trois fois. Ni l'un ni l'autre n'est un homonyme, et c'est la parenté des sens qui fait le danger. Un vrai homonyme ne trompe personne: les deux concepts n'ont rien à faire ensemble et le contexte les sépare tout seul, si bien que personne, chez un assureur, ne lit « avocat » en pensant au fruit. Un polysème, lui, traverse une revue sans qu'un relecteur bronche, parce que les deux services lisent la même phrase, chacun dans son sens, et que la phrase reste vraie pour les deux. La collision qui coûte cher est la polysémie, parce qu'elle passe la revue.
Deux conséquences opératoires en découlent. La première est que la définition de compromis est la tentation propre à la polysémie: quand deux sens sont voisins, il existe toujours une phrase assez large pour les couvrir tous les deux, et c'est sa disponibilité qui la rend dangereuse. Devant un vrai homonyme, personne n'essaierait de rédiger la phrase qui couvre le juriste et le fruit. La seconde est pour la détection: un homonyme se repère sur la seule distribution, ses contextes n'ayant rien en commun, alors que les contextes d'un polysème se recouvrent largement. C'est pourquoi la détection des collisions se conduit sur un corpus segmenté par service et non sur le texte pris en masse, y compris quand un modèle s'en charge.
La collision se résout par scission: deux termes préférés désambiguïsés et l'étiquette ambiguë retirée de l'usage. Le point que la pratique manque presque toujours mérite son propre énoncé. Une étiquette en collision ne peut pas être portée comme synonyme. Une entrée de synonyme affirme que cette étiquette désigne ce concept; une étiquette en collision en désigne deux, donc l'enregistrer comme alias de l'un des deux est une affirmation fausse, que le glossaire propage ensuite avec l'autorité d'une entrée approuvée. L'étiquette se consigne comme terme rejeté, dans une entrée qui pointe vers les termes désambiguïsés et qui dit pourquoi elle est rejetée.
La hiérarchie, enfin, est le cas d'un concept qui en subsume un autre. Elle se consigne pour deux raisons opératoires. Elle permet à une définition de s'appuyer sur son concept superordonné, mécanisme qui fait des règles de rédaction d'une définition autre chose qu'une affaire de style. Et elle rend le périmètre d'une règle vérifiable: la règle porte-t-elle sur le concept superordonné ou sur un seul de ses subordonnés, question qui n'a de réponse que si la hiérarchie est écrite.
Trois de ces relations se résolvent à l'intérieur d'une langue: la synonymie, la collision et la hiérarchie. Le graphe les porte toutes les trois. L'équivalence relie les langues entre elles, et son lieu est la colonne des étiquettes par langue.
Écrire une définition qui vaille la peine
Le BABOK dit « claire, concise et brève », ce qui est une intention. L'ISO 704 donne la méthode. La norme pose que la définition intensionnelle est préférable à toutes les autres et s'emploie chaque fois qu'elle est possible, parce qu'elle seule expose les caractères qui délimitent le concept à l'intérieur de son système. Sa forme tient en deux termes: le concept superordonné immédiat, puis les caractères distinctifs. L'édition 2022 de la norme a remplacé « concept générique » par « concept superordonné », et le remplacement porte du sens: le superordonné couvre le rapport générique et le rapport partitif, là où le générique n'en couvre qu'un. Le mot immédiat est lui aussi opératoire: le superordonné nommé est le plus proche, car un ascendant lointain délimiterait trop large et n'apprendrait rien.
Appliquée à l'assurance-maladie suisse, la forme donne: quote-part, part de la participation aux coûts (le concept superordonné immédiat) égale à 10 % des coûts dépassant la franchise, plafonnée à CHF 700 par année civile pour un adulte et à CHF 350 pour un enfant (les caractères distinctifs). La définition nomme un concept, et c'est le terme préféré de ce concept, ici participation aux coûts, qui doit lui-même être une entrée du glossaire. La distinction entre les deux est celle du terme et du concept, et une définition la met en œuvre à chaque ligne. C'est ce mécanisme qui rend la hiérarchie opérante et qui fait du glossaire un système de définitions: chaque définition s'appuie sur une autre entrée, et l'ensemble tient par ces appuis là où une liste alphabétique ne tient par rien.
L'ISO 704 distingue les caractères essentiels, nécessaires pour comprendre le concept, des caractères distinctifs, nécessaires pour le séparer de ses voisins dans le même système. La conséquence pratique est forte: une définition s'écrit contre ses frères. Franchise et quote-part sont deux subordonnés du même superordonné, et chacune des deux définitions doit être rédigée de manière qu'aucun lecteur ne puisse la prendre pour l'autre.
La norme nomme aussi les définitions déficientes, et sa clause 6.5 en distingue trois: la définition circulaire (6.5.2), la définition inexacte (6.5.3), qui couvre le trop large comme le trop étroit, et la définition négative (6.5.4). La définition par la négation est un défaut de terminologie avant d'être une faute de rédaction: quand une définition positive est possible, définir le concept par ce qu'il n'est pas ne délimite rien.
Un quatrième défaut se rencontre autant que les trois autres, et son autorité est ailleurs. Une entrée dont la définition se réduit à un synonyme ou à une traduction ne délimite rien non plus, et ce sont l'ISO/IEC 11179-4 et l'ISO 1087 qui l'excluent. L'ISO/IEC 11179-4 exige que la définition soit une phrase ou un syntagme descriptif, ce qu'un mot isolé ou une abréviation ne sont pas, et elle porte les autres règles de formulation qui s'appliquent mot pour mot à la colonne « définition » du glossaire: la définition est au singulier, elle se suffit à elle-même (elle se comprend sans ouvrir une autre entrée, hormis celle de son concept superordonné), elle est exempte de raisonnement circulaire et elle énonce ce que le concept est. L'ISO 1087 donne le mot qui dit pourquoi le défaut en est un: un synonyme est une désignation, et une désignation représente le concept là où une définition le délimite. Les deux objets ont deux fonctions, et le modèle objet, concept, désignation, définition suffit à les séparer.
Deux tests se conduisent sur n'importe quelle définition en moins d'une minute. Le test de substitution remplace le terme par sa définition dans une phrase réelle tirée d'une exigence: si la phrase devient fausse, absurde ou circulaire, la définition est mauvaise. L'ISO 704 le pose en clause 6.4.4 sous le nom de principe de substitution, ce qui en fait une exigence citable en revue. Le test des frères, lui, est un usage de praticien: il lit la définition à côté de celle de son voisin le plus proche, et si un lecteur pouvait les échanger sans s'en apercevoir, les caractères distinctifs manquent.
| Définition déficiente | Défaut | Définition réparée |
|---|---|---|
| Franchise: le montant de la franchise que la personne assurée prend à sa charge. | Circulaire (ISO 704, 6.5.2). Le terme défini figure dans sa propre définition, et l'énoncé n'apprend rien. La circularité est souvent à un saut de distance, donc invisible: A se définit par B, et B se définit par A. | Franchise: part de la participation aux coûts constituée du montant annuel des coûts que la personne assurée supporte intégralement avant toute prise en charge par l'assureur. La franchise ordinaire de l'adulte s'élève à CHF 300 par année civile. |
| Quote-part: ce n'est pas la franchise, mais l'autre partie de ce que l'assuré paie. | Négative (ISO 704, 6.5.4). La définition dit ce que le concept n'est pas là où une définition positive est possible. L'ISO 704 la classe parmi les défauts: l'énoncé n'apprend au lecteur ni ce que le concept contient ni où il s'arrête. | Quote-part: part de la participation aux coûts égale à 10 % des coûts dépassant la franchise, plafonnée à CHF 700 par année civile pour un adulte et à CHF 350 pour un enfant. |
| Participation aux coûts: ce que la personne assurée paie. | Inexacte, par excès d'extension (ISO 704, 6.5.3). La définition admet des objets qui ne relèvent pas du concept, ici la prime mensuelle, qui est payée par la personne assurée sans être une participation aux coûts. | Participation aux coûts: ensemble des montants que la personne assurée supporte sur les coûts des prestations dont l'assurance obligatoire des soins répond, à l'exclusion de la prime. Elle comprend la franchise, la quote-part et la contribution aux frais de séjour hospitalier. |
| Quote-part: Selbstbehalt. | Simple désignation (ISO/IEC 11179-4). L'énoncé fait correspondre deux étiquettes sans délimiter le concept. La norme exige une phrase ou un syntagme descriptif, qu'un mot isolé n'est pas, et l'ISO 1087 dit pourquoi: un synonyme est une désignation, il représente le concept sans le délimiter. Sa place est la colonne des étiquettes par langue. | Quote-part: part de la participation aux coûts égale à 10 % des coûts dépassant la franchise, plafonnée à CHF 700 par année civile pour un adulte et à CHF 350 pour un enfant. L'étiquette allemande Selbstbehalt est portée par la colonne prévue à cet effet. |
Conduire l'exercice
- Fixer le périmètre et publier le critère d'admission
Une initiative, un domaine ou l'entreprise entière. Les quatre critères du BABOK sont annoncés comme règle d'entrée avant la récolte, sans quoi le glossaire absorbera tout ce qu'on lui présentera. - Récolter les termes candidats là où ils vivent déjà
Conditions générales, textes légaux et réglementaires, lexiques existants, exigences, comptes rendus d'entretiens, libellés d'écrans, en-têtes de colonnes des rapports, messages d'erreur, intitulés de tickets. Jamais une page blanche. Pour chaque candidat, consigner où il a été trouvé et qui l'emploie: cette provenance est ce qui rend l'étape suivante possible. - Détecter les collisions avant d'écrire la moindre définition
Croiser l'étiquette et le service ou la source. Deux étiquettes qui apparaissent dans les mêmes contextes signalent une synonymie candidate. Une étiquette dont les contextes se contredisent d'un service à l'autre signale une collision candidate, et dans un domaine métier c'est presque toujours une polysémie, donc une collision dont les contextes se ressemblent: c'est la provenance qui la révèle. L'étape la plus souvent sautée est celle qui porte la valeur. - Résoudre les relations
Élire le terme préféré de chaque grappe de synonymes, scinder chaque étiquette en collision en termes désambiguïsés et consigner l'étiquette ambiguë comme terme rejeté, inscrire les rapports de superordination là où ils existent réellement. - Écrire la définition
Selon l'ISO 704: concept superordonné immédiat plus caractères distinctifs, positive, non circulaire, autosuffisante, au singulier, acronymes développés. Passer le test de substitution de la clause 6.4.4 et le test des frères. - Attacher la source d'autorité
Pour un terme réglementé, la référence est celle de l'acte: la LAMal art. 42 al. 1 pour le tiers garant et l'OAMal art. 103 pour le montant de la franchise, que la loi délègue au Conseil fédéral. Un office fédéral qui diffuse un montant est une source de diffusion, et une entrée qui s'y adosse est une entrée qui devra être rouverte à la première contestation. Pour un terme interne, la décision qui l'a fixé et sa date. - Désigner une personne par terme ou par domaine
Le propriétaire arbitre les contestations et il est la personne à qui le déclencheur de mise à jour s'adresse. Une équipe ne tranche pas et ne répond de rien. - Arbitrer ce qui ne peut pas être convenu
Le BABOK donne comme seconde limite la difficulté qu'ont des parties prenantes différentes à s'accorder sur une définition unique. Deux issues sont honnêtes et une troisième est un piège. Honnêtes: le sponsor tranche, et le mot du service perdant est consigné comme synonyme non préféré; ou bien les deux acceptions sont réellement deux concepts, et le terme est scindé. Le piège est la définition de compromis, une phrase assez large pour que les deux services la signent et qu'aucun ne puisse l'employer. Elle dissimule la collision derrière une entrée approuvée, ce qui est strictement pire que le désaccord ouvert. - Poser le glossaire là où le terme se rencontre
Le test est opératoire: un lecteur qui bute sur un terme inconnu obtient-il sa définition sans quitter l'artefact qu'il est en train de lire? Le glossaire est appelé depuis l'outil d'exigences, injecté en infobulle dans le wiki, rappelé en pied du gabarit de ticket, en tête de la spécification d'interface. C'est la traduction vérifiable de la recommandation d'accès du BABOK, et le glossaire logé dans son propre document séparé est lu par celui qui l'a écrit. - Restreindre l'édition
Proposer largement, approuver étroitement. Le champ de statut, de « proposé » à « approuvé » puis « déprécié », est ce qui rend ce circuit visible. - Réviser sur déclencheur
Les déclencheurs sont réels: un terme nouveau entre dans une exigence, une réglementation change, un produit est lancé, une fusion importe un second vocabulaire, un système est remplacé. Une tâche permanente intitulée « revoir le glossaire » est une tâche qui se reporte indéfiniment. Une passe périodique légère, annuelle ou avant un train de livraison, reste utile pour repérer les entrées à déprécier, et tout le reste se conduit sur événement. - Traiter l'étiquette de chaque langue comme un terme de plein droit
Dans une organisation multilingue, la relation est l'équivalence, d'une langue à l'autre: l'étiquette s'élit dans sa langue, à partir de l'usage réel, et elle se vérifie contre une source de cette langue. Là où la Suisse alémanique emploie le mot français, la traduction produirait un mot que personne n'emploie.
Du glossaire de projet au glossaire d'entreprise
Un glossaire borné à une initiative résout l'ambiguïté dans son périmètre et la laisse intacte au-dehors. Le mot que deux services d'un projet ont fini par accorder continue de désigner deux choses dans le reste de l'organisation, et le projet suivant rejoue l'arbitrage sans le savoir. La portée qui fait vraiment disparaître une collision est celle de l'entreprise entière: un terme préféré par concept, valable pour tous les services, empêche la divergence de renaître ailleurs, et c'est le seul niveau où se voit la collision inter-domaine. « Contrat » ne désigne pas la même chose aux ressources humaines, où il lie un employé, et aux achats, où il lie un fournisseur: deux concepts, une étiquette, qu'aucune revue interne à l'un des deux services ne confronte. C'est ce que la banque TERMDAT de la Chancellerie fédérale donne à voir en présentant chaque terme dans son domaine, où le lecteur constate qu'un même mot ne se recouvre pas d'un droit à l'autre. Le glossaire d'entreprise reprend la discipline: l'entrée porte le domaine dans lequel le concept vaut, et deux domaines qui emploient une étiquette pour deux concepts se scindent comme n'importe quelle collision.
Le multilinguisme suisse ajoute un piège que seule cette portée expose. En allemand, Prämie désigne la prime de risque, la contrepartie de la couverture, tandis que Beitrag, qu'on traduirait volontiers par « prime », désigne dans le deuxième pilier la part de cotisation destinée à l'épargne: rendre « prime » par Beitrag déplace le concept du risque vers l'épargne, faute qu'aucune relecture du texte français ne rattrape. Le français a ses propres tournures de métier, tel le verbe policer, établir une police, que le langage courant ignore et qu'une définition doit pourtant employer pour parler la langue du domaine. Ce sont des équivalences inter-langue au sens de l'ISO 704, et elles se vérifient contre l'usage réel de chaque langue, jamais contre une traduction plausible.
La même logique s'étend au-dehors de l'entreprise. Un partenaire, un réassureur ou un prestataire emploie son propre vocabulaire pour les concepts partagés, et la correspondance entre son terme et le terme préféré interne est une équivalence de plus, qui gagne à figurer au glossaire comme une étiquette d'accès. Consignée, elle épargne à chaque échange la retraduction que chacun fait de son côté sans la vérifier; omise, elle laisse deux organisations croire qu'elles parlent du même concept quand elles n'en partagent que le mot.
Ce qui fait échouer l'exercice
Le glossaire que personne n'entretient
C'est la première limite du BABOK et le piège central de la technique. Le glossaire abandonné devient faux tout en restant consulté, en priorité par les nouveaux venus, qui n'ont aucune autre source contre laquelle le vérifier. Un domaine sans glossaire enverrait la même personne poser la question à un collègue.
La définition circulaire
« Assuré: personne qui est assurée. » Elle se détecte mécaniquement, ce qui explique qu'elle survive si longtemps: personne ne regarde.
Le terme à deux sens porté comme une entrée unique
La définition de compromis en est la conséquence directe, et elle produit un texte que les deux services approuvent et qu'aucun n'applique.
L'étiquette en collision consignée comme synonyme
Version plus subtile du même défaut et plus dangereuse, parce que le glossaire affirme alors une identité qui n'existe pas, avec l'autorité d'une entrée approuvée. La parade est la scission et l'entrée de terme rejeté.
Le glossaire saturé de vocabulaire courant
Les quatre critères d'admission du BABOK existent pour l'empêcher. Une entrée qui définit « facture » au sens de facture noie les huit entrées qui portaient le sens du domaine.
L'étiquette d'une langue fabriquée par traduction
Un composé plausible que personne n'emploie entre dans le glossaire, puis dans les écrans et dans la correspondance, et l'organisation se met à parler une langue qui n'est celle d'aucun de ses clients.
Deux glossaires
Celui du projet et celui de l'entreprise, qui se contredisent. Le plus jeune perd, et l'effort qui y a été investi est une perte sèche.
Le débordement sur les techniques voisines
Une définition qui porte le format d'un champ est devenue une entrée de dictionnaire de données. Une définition qui porte un type de fait, « l'assuré détient une police », est devenue un fragment de modèle de concepts. Les deux dérives dupliquent un artefact qui sera maintenu ailleurs et qui divergera.
Rapport aux techniques voisines
Trois techniques travaillent le même matériau et se confondent. Elles forment un continuum: le glossaire, puis le modèle de concepts (BABOK 10.11), puis le dictionnaire de données (BABOK 10.12). Le glossaire consigne des termes et leur définition convenue. Le modèle de concepts consigne le sens et les relations entre les concepts, en ajoutant au vocabulaire la couche des types de faits, des catégorisations et des rôles. Le dictionnaire de données consigne les éléments de données, leur format et leurs valeurs admises et la manière dont ils se composent.
La règle de décision tient en trois lignes. L'ambiguïté est dans le mot: c'est le glossaire. L'ambiguïté est dans ce qui est vrai de la chose: c'est le modèle de concepts. L'ambiguïté est dans le champ: c'est le dictionnaire de données.
Le glossaire est le moins coûteux des trois et la porte d'entrée des deux autres. Là où l'arbitrage manque, où la compétence de modélisation abstraite fait défaut ou le budget d'entretien est absent, le repli sur le glossaire est un choix légitime: un glossaire tenu vaut mieux qu'un modèle de concepts que personne ne maintiendra.
| Glossaire (10.23) | Modèle de concepts (10.11) | Dictionnaire de données (10.12) | |
|---|---|---|---|
| Unité | le terme et sa définition | le concept et les types de faits qui le relient | l'élément de données |
| Question traitée | que veut dire ce mot ici, et lequel employons-nous | de quoi parlons-nous, et qu'affirmons-nous à ce sujet | quel champ porte cela, dans quel format, avec quelles valeurs |
| Contenu | terme préféré, définition, synonymes, propriétaire, statut, source d'autorité | concepts nominaux, concepts verbaux, catégorisations, connexions partitives, rôles | nom, alias, valeurs et significations (format, longueur, énumération), description, règle de composition |
| Relations consignées | entre termes: synonymie (intra-langue), équivalence (inter-langue), polysémie et homonymie, générique et spécifique | entre concepts: des faits, « l'assuré détient une police » | entre éléments: séquence, répétition, optionnel, sélection |
| Livrable | une liste d'entrées terme et définition | un diagramme de types de faits et ses définitions | un tableau d'entrées et un arbre de composition |
Le type de fait donné en exemple à la ligne « relations consignées », « l'assuré détient une police », porte en lui la démonstration du continuum. Quel assuré: le preneur d'assurance, qui conclut le contrat, ou la personne assurée, dont le risque est couvert? Le glossaire de l'assureur rejette cette étiquette, parce qu'elle en désigne deux. Le modèle de concepts a donc besoin que le glossaire ait élu avant lui: à défaut, son type de fait relie un concept à une étiquette qui en recouvre deux, et le diagramme hérite de l'ambiguïté qu'il était censé dissiper. Le continuum est une dépendance: la technique aval consomme le vocabulaire que la technique amont a arrêté.
Considérations IA
Quatre usages se défendent, par valeur croissante, et ils se logent tous en amont de la décision humaine.
La récolte des termes candidats vient en premier, parce que le corpus existe déjà et que personne n'a la patience de le dépouiller à la main. Un modèle passé sur les conditions générales, la réglementation, les exigences, les intitulés de tickets, les libellés d'écrans et les comptes rendus d'entretiens rend les candidats avec leur fréquence et leurs occurrences. La sortie est une liste de candidats, et le critère d'admission du BABOK s'applique ensuite, par un humain.
La détection des collisions est l'usage à plus haute valeur, parce qu'il attaque l'étape que l'on saute le plus. Sur un corpus segmenté par service, un modèle fait remonter deux choses qu'aucun lecteur ne peut tenir en tête à travers des centaines de documents: cette étiquette est employée dans deux sens incompatibles selon la source, ce qui désigne une collision candidate; ces deux étiquettes apparaissent dans les mêmes contextes et désignent probablement un seul concept, ce qui désigne une synonymie candidate. La machine produit les candidats, et l'arbitrage entre deux acceptions incompatibles reste une décision de l'organisation.
Le contrôle mécanique des défauts vient ensuite. Les défauts d'une définition sont pour l'essentiel des contrôles de texte qu'une machine conduit sans fatigue, là où un relecteur les conduit une fois puis cesse de regarder: la circularité, y compris à un saut de distance que l'œil ne repère jamais (ISO 704 6.5.2), la définition négative (6.5.4) ou trop large (6.5.3), le concept superordonné employé sans être lui-même une entrée, l'acronyme non développé, la définition réduite à un synonyme là où l'ISO/IEC 11179-4 exige un syntagme descriptif. Ce contrôle vaut d'être installé dans la chaîne de revue.
La détection de dérive, enfin, compare la définition approuvée à l'usage réel du terme dans les tickets, les spécifications et la correspondance de l'année écoulée. Là où l'usage s'est éloigné de la définition, le glossaire se périme de la seule manière qui compte, et c'est une comparaison qu'une machine soutient dans la durée et qu'une attention humaine ne soutient pas. Elle attaque la première limite du BABOK.
Une définition est une décision de l'organisation. Un modèle qui lit les documents de deux services établit correctement que « assuré » y est employé dans deux sens incompatibles. Il ne peut pas établir lequel des deux l'organisation retiendra, parce que tant qu'elle n'a pas tranché, il n'y a rien à extraire: le fait n'existe pas encore. Une définition produite par une machine et jamais arbitrée est une phrase plausible sans autorité derrière elle, et elle est pire qu'une entrée manquante, parce qu'une entrée qui a l'air approuvée finit citée dans une exigence, puis construite.
Trois corollaires en découlent, et tous portent sur les champs qu'une machine remplit le plus volontiers de plausible. Pour un terme réglementé, l'autorité est le texte légal: une référence produite par un modèle se vérifie contre le texte, et l'article invoqué doit être celui qui fixe la règle, l'ordonnance quand la loi lui délègue le montant. L'étiquette d'une langue se vérifie de même contre une source de cette langue, car un composé morphologiquement correct coûte à la machine aussi peu qu'un mot attesté. Enfin, soumettre contrats internes, tickets et correspondance à un service externe engage l'organisation au regard de la LPD, révisée et en vigueur depuis le 1er septembre 2023, et cette décision se prend avant que le corpus ne quitte l'entreprise.
Exemples
L'exemple est le glossaire d'un assureur maladie suisse actif en Suisse romande et en Suisse alémanique, restreint aux termes de la participation aux coûts et de la relation contractuelle. Il est le domaine de démonstration idéal pour la technique: chacun de ses termes est défini par la loi, disputé entre deux services ou porte en allemand une étiquette française. Les colonnes sont celles de l'entrée de glossaire, et les deux entrées de termes rejetés sont l'objet même du tableau.
| Terme préféré | Définition | Synonymes non préférés | Étiquette DE (en usage) | Propriétaire | Statut | Source d'autorité |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Preneur d'assurance | Personne qui conclut le contrat d'assurance avec l'assureur et qui est débitrice de la prime. | souscripteur, « assuré » (usage du service commercial) | Versicherungsnehmer | Service juridique | Approuvé | Arbitrage du sponsor, 03.2026 |
| Personne assurée | Personne physique dont le risque de maladie est couvert par le contrat, qu'elle en soit ou non le preneur d'assurance. | « assuré » (usage du service des prestations), bénéficiaire | versicherte Person | Service des prestations | Approuvé | Arbitrage du sponsor, 03.2026 |
| Participation aux coûts | Ensemble des montants que la personne assurée supporte sur les coûts des prestations dont l'assurance obligatoire des soins répond, à l'exclusion de la prime. Elle comprend la franchise, la quote-part et la contribution aux frais de séjour hospitalier. | participation, frais à charge de l'assuré | Kostenbeteiligung | Service des prestations | Approuvé | LAMal art. 64 |
| Franchise | Part de la participation aux coûts constituée du montant annuel des coûts que la personne assurée supporte intégralement avant toute prise en charge par l'assureur. La franchise ordinaire de l'adulte s'élève à CHF 300 par année civile. | montant à charge, découvert annuel | Franchise | Service des prestations | Approuvé | LAMal art. 64 al. 2 let. a; OAMal art. 103 |
| Quote-part | Part de la participation aux coûts égale à 10 % des coûts dépassant la franchise, plafonnée à CHF 700 par année civile pour un adulte et à CHF 350 pour un enfant. | participation de 10 %, ticket modérateur | Selbstbehalt | Service des prestations | Approuvé | LAMal art. 64 al. 2 let. b; OAMal art. 103 |
| Contribution aux frais de séjour hospitalier | Part de la participation aux coûts constituée d'un montant de CHF 15 par jour de séjour hospitalier, due en sus de la franchise et de la quote-part, dont sont exemptés les enfants, les jeunes adultes en formation et les prestations de maternité. | contribution hospitalière, forfait hospitalier | Spitalbeitrag | Service des prestations | Approuvé | LAMal art. 64 al. 5; OAMal art. 104 |
| Tiers garant | Système de facturation dans lequel la personne assurée est la débitrice du fournisseur de prestations: celui-ci lui adresse sa facture, elle la paie, puis elle en demande le remboursement à l'assureur. C'est le régime légal par défaut, applicable sauf convention contraire entre assureurs et fournisseurs. | système du remboursement | Tiers garant (étiquette française employée telle quelle en allemand) | Service des prestations | Approuvé | LAMal art. 42 al. 1 |
| Tiers payant | Système de facturation dans lequel l'assureur est le débiteur du fournisseur de prestations: celui-ci lui adresse directement sa facture, et l'assureur facture ensuite à la personne assurée sa participation aux coûts. Il s'applique par convention, et la loi le prescrit pour le traitement hospitalier stationnaire. | facturation directe | Tiers payant (étiquette française employée telle quelle en allemand) | Service des prestations | Approuvé | LAMal art. 42 al. 2 |
| Réduction individuelle des primes (RIP) | Réduction de la prime accordée par le canton de Vaud aux personnes assurées de condition économique modeste, selon les conditions et la procédure fixées par ce canton. La compétence est cantonale et les conditions d'octroi varient d'un canton à l'autre. | subside, subside à l'assurance-maladie | individuelle Prämienverbilligung (IPV) | Service clientèle | Approuvé | LAMal art. 65, règlement cantonal vaudois |
| « assuré » terme rejeté | Étiquette ambiguë, retirée de l'usage. Elle désigne le preneur d'assurance au service commercial et la personne assurée au service des prestations, qui sont deux populations distinctes. Les deux sens sont apparentés, et c'est ce qui a permis à la collision de traverser des années de documents sans être vue. Employer l'un des deux termes préférés selon le concept visé. | aucun: une étiquette ambiguë ne peut pas être le synonyme de l'un des deux concepts | « Versicherter » (rejeté pour la même raison) | Service juridique | Rejeté (polysémie) | Arbitrage du sponsor, 03.2026 |
| « caisse » terme rejeté | Étiquette ambiguë, retirée de l'usage. Elle désigne trois institutions distinctes, dont le sens de base est commun: la caisse maladie (l'assureur LAMal), la caisse de pension (l'institution de prévoyance professionnelle LPP) et la caisse de compensation (l'organe d'exécution de l'AVS, de l'AI et des APG). Employer le terme complet. | aucun: l'étiquette désigne trois concepts et ne peut être l'alias d'aucun | « Kasse » (rejeté pour la même raison) | Service juridique | Rejeté (polysémie) | Arbitrage du sponsor, 03.2026 |
Un glossaire ordinaire aurait retenu « assuré » comme terme unique avec une définition de compromis et « caisse » comme synonyme de « caisse maladie », parce que c'est l'institution dont il est le plus souvent question chez un assureur. Les deux tentations sont des tentations de polysémie: c'est parce que les sens sont apparentés qu'une phrase assez large paraît possible et qu'un alias paraît défendable. Les deux choix produisent une affirmation fausse portée par une entrée approuvée. Le tableau les traite en termes rejetés, chacun renvoyant vers les concepts qu'il recouvrait, et la colonne Statut nomme la cause du rejet.
Visualisations
Le graphe des relations montre le travail que la table d'entrées ne montre pas. Une entrée de glossaire est un résultat: elle porte un terme, une définition et des synonymes, et elle a effacé la question qui l'a produite. Le graphe pose cette question à l'endroit où elle se pose, entre les étiquettes candidates et les concepts qu'elles désignent, et il rend visibles les deux distinctions dont tout dépend. La première est que les étiquettes et les concepts sont des objets de nature différente, ce que le tableau ne peut pas dire puisque ses lignes portent des termes et que ses concepts sont implicites. La seconde est que les relations n'appellent pas la même résolution: la synonymie se résout par élection, sans rien perdre, tandis que la collision force une scission et le retrait de l'étiquette. Cette asymétrie est ce qu'un lecteur doit emporter.
Le graphe s'en tient aux relations qui se résolvent à l'intérieur d'une langue, ce qui en fait un modèle de la méthode. L'équivalence inter-langue se démontre là où le tableau du glossaire la met, dans la colonne des étiquettes allemandes, où le lecteur voit l'étiquette élue à sa place dans le livrable.
Coût
| Phase | Niveau | Justification |
|---|---|---|
| Préparation | Faible | La récolte est un travail de collecte, et les termes existent déjà dans les conditions générales, la réglementation, les exigences, les écrans et les lexiques que l'organisation tient. Aucune logistique d'atelier à monter, aucune compétence de modélisation à réunir: c'est la préparation la moins chère des trois techniques du vocabulaire. |
| Exécution | Moyen | Écrire une définition coûte des minutes, en convenir peut coûter des semaines, et le BABOK place cette difficulté parmi ses limites. Le coût suit le nombre de termes contestés, ce qui le rend imprévisible à partir de la taille du glossaire. Le budget part dans le temps d'arbitrage du sponsor sur les quelques collisions réelles. |
| Documentation | Élevé | Toute la valeur de la technique est suspendue à cette phase, et c'est sur elle que porte la première limite du BABOK. Un glossaire est perpétuel: il n'a pas de date de clôture, il exige un propriétaire nommé, un déclencheur de mise à jour attaché à des événements réels et une republication partout où il est consommé. Abandonné, il se met à tromper les lecteurs qui le consultent encore. |
Outils
Un tableur, un document ou une page de wiki suffisent pour un glossaire de projet borné, et leur coût de licence est nul. Deux faiblesses les accompagnent, et le BABOK nomme les deux: il n'y a pas de porte à l'édition, et le glossaire n'est pas atteignable depuis l'endroit où le terme se rencontre. Ce choix se défend quand le périmètre est une initiative et le lectorat une équipe, et il devient coûteux dès que l'un des deux s'élargit.
Le wiki doté d'une macro de glossaire (Confluence, SharePoint) franchit la marche qui compte: le terme devient une infobulle dans chaque page qui l'emploie. C'est la réponse directe à la recommandation d'accès facile et fiable du BABOK, et c'est le moyen le moins cher de faire lire un glossaire.
Les outils de gestion des exigences (Jama, Polarion, IBM DOORS Next ou Jira complété d'une application de glossaire) logent le glossaire à côté des exigences qui emploient les termes. Le changement d'une définition fait alors remonter les exigences qu'il touche, et la cohérence terminologique d'un corpus d'exigences se vérifie par une requête. C'est l'option qui se rembourse dès que le corpus est volumineux.
Les modules de glossaire métier des catalogues de données (Collibra, Alation, DataHub, OpenMetadata) sont les mêmes plateformes que celles du dictionnaire de données, et le module est différent. Ce qu'il apporte au glossaire est le circuit d'intendance, le cycle de vie du statut et surtout le lien du terme métier vers les éléments de données qui le réalisent. Ce lien est le pont entre le glossaire et le dictionnaire, et c'est la raison pour laquelle une entreprise achète une plateforme plutôt que deux outils. Le modèle d'intendance sous-jacent est celui du DAMA-DMBOK, qui range le glossaire métier dans la gestion des métadonnées.
Les outils de terminologie (SDL MultiTerm, Coreon et leurs équivalents) sont la bonne famille dès que le glossaire est réellement multilingue, ce qui en Suisse est le cas ordinaire. Ils implémentent nativement le modèle de l'ISO 704 et de l'ISO 1087: une fiche par concept, portant ses étiquettes dans chaque langue, ce qu'un tableur à une ligne par terme ne peut pas exprimer sans mentir. Quand le glossaire doit être publié, échangé entre systèmes ou exploité par une machine, SKOS (W3C) est le format d'interchange: il porte exactement le jeu de relations du glossaire, prefLabel, altLabel, broader, narrower, related.
Deux références suisses et internationales méritent d'être consultées avant d'écrire une entrée. TERMDAT, la banque de données terminologiques de l'administration fédérale, tenue par la section de terminologie de la Chancellerie fédérale, réunit plusieurs centaines de milliers de fiches multilingues (allemand, français, italien, romanche, anglais) de terminologie juridique et administrative suisse, consultables gratuitement. Elle est à la fois la source à interroger pour un terme réglementé et l'exemple d'un glossaire multilingue professionnel construit sur le concept plutôt que sur le mot. SEVOCAB, la base publique de l'ISO/IEC/IEEE 24765, joue le même rôle pour le vocabulaire de l'ingénierie des systèmes et du logiciel: un glossaire gouverné, public, dont chaque entrée porte sa source.
Sources
- IIBA, A Guide to the Business Analysis Body of Knowledge (BABOK Guide) v3, §10.23 Glossary.
- IIBA, A Guide to the Business Analysis Body of Knowledge (BABOK Guide) v3, §10.11 Concept Modelling et §10.12 Data Dictionary: les deux techniques voisines du glossaire.
- ISO 704:2022, Terminology work - Principles and methods: la définition intensionnelle (concept superordonné immédiat et caractères distinctifs), le principe de substitution (6.4.4), les trois définitions déficientes de la clause 6.5 (circulaire 6.5.2, inexacte 6.5.3, négative 6.5.4) et la clause 7.7 sur les relations entre désignations et concepts, qui donne à la synonymie (7.7.2) et à l'équivalence (7.7.3) deux clauses distinctes et traite ensemble la polysémie et l'homonymie (7.7.5).
- ISO 1087:2019, Terminology work and terminology science - Vocabulary: le modèle objet, concept, désignation, définition, sur lequel repose la distinction entre terme et concept et les définitions de la synonymie (intra-langue), de la polysémie (sens apparentés) et de l'homonymie (concepts sans rapport).
- ISO 25964-1:2011, Information and documentation - Thesauri and interoperability with other vocabularies - Part 1: Thesauri for information retrieval: les termes préférés et non préférés, ainsi que les relations d'équivalence, hiérarchique et associative. Son equivalence relationship est la relation terme préféré / non préféré à l'intérieur d'une langue, à ne pas confondre avec l'équivalence inter-langue de l'ISO 704.
- W3C, SKOS Simple Knowledge Organization System Reference: la forme lisible par une machine du même jeu de relations,
prefLabel,altLabel,broader,narrower,related. - ISO/IEC 11179-4, Information technology - Metadata registries (MDR) - Part 4: Formulation of data definitions: les règles de formulation d'une définition, singulier, phrase ou syntagme descriptif, autosuffisance, absence de circularité. C'est la règle du syntagme descriptif qui exclut la définition réduite à un synonyme.
- ISO/IEC/IEEE 24765:2017, Systems and software engineering - Vocabulary, et la base publique SEVOCAB: un glossaire professionnel gouverné et publiquement maintenu, pris comme modèle de tenue.
- Chancellerie fédérale suisse, TERMDAT: la banque de données terminologiques de l'administration fédérale, plusieurs centaines de milliers de fiches multilingues de terminologie juridique et administrative suisse, en consultation gratuite.
- LAMal, RS 832.10, loi fédérale du 18 mars 1994 sur l'assurance-maladie: art. 42 (tiers garant et tiers payant), art. 64 (participation aux coûts), art. 65 (réduction des primes), sources d'autorité de l'exemple travaillé.
- OAMal, RS 832.102, ordonnance du 27 juin 1995 sur l'assurance-maladie: art. 103 (montant de la franchise et plafond annuel de la quote-part) et art. 104 (contribution aux frais de séjour hospitalier et exemptions), les articles qui fixent les montants que la LAMal délègue au Conseil fédéral.
- Office fédéral de la santé publique, Assurance-maladie: primes et participation aux coûts: la diffusion des montants et la source d'usage contre laquelle les étiquettes allemandes de l'exemple ont été vérifiées, Franchise, Selbstbehalt et Spitalbeitrag.
- DAMA International, DAMA-DMBOK: Data Management Body of Knowledge, chapitre de la gestion des métadonnées: le glossaire métier et son modèle d'intendance.
- HERMES 2022, Manuel de référence Gestion de projet, Confédération suisse, Chancellerie fédérale, §A.5 Les interfaces de la gestion de projet HERMES et le Glossaire: la terminologie de la méthode comme garantie d'un langage commun entre l'organisation permanente, l'organisation de projet et les gestions de projet, d'application et de portefeuille; les six tables quadrilingues qui donnent phases, scénarios, modules, résultats, tâches et rôles avec leur numéro d'élément de méthode.

